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Mémoire de Maxéville

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12 mars 2026

Un quartier de Maxéville : le SAUVOY de 1516 à 1779

Extrait du bulletin municipal n°3 août 1979

Le quartier Saint-Sébastien, groupe de maisons, auberges, cafés, doit son nom à une chapelle, voisine d’un ermitage. Cette chapelle fut fondée au début de 1516 par un officier de bouche de la maison du Duc Antoine. Cet officier de bouche, ayant accompagné François Ier lors de la conquête du Milanais, ayant échappé aux périls de la campagne, voulut perpétuer sa reconnaissance pour le saint qui l’avait protégé par un petit oratoire de Saint-Sébastien (inscription retrouvée autrefois). Non loin de là, au pied de la colline boisée, on voyait un vivier d’origine inconnue, sans doute établi par un Duc de Lorraine pour y conserver le poisson destiné à sa table.

À la fin du XVIe siècle, cette propriété appartenait à Jacques le Roux de Malzéville ; il la vendit le 10 septembre 1580 à Jacquemin CUEULLET, gruyer de NANCY et de l’Avant-Garde (c’est-à-dire agent forestier) et arpenteur général au Duché de Lorraine. Le Duc Charles III lui accorda des lettres de noblesse le 22 juin 1598. « Le Saulvoix » comprenait un demi-jour de terre arable ; il fut acheté pour 400 francs de principal, monnaie de Lorraine.

Au milieu du XVIIe siècle, le Saulvoix était devenu une propriété importante ; son possesseur était « Sieur du Vivier ». Ce titre fut pris par Jean CUEULLET dans le contrat du 27 août 1648, lors de la vente à Antoine CUEULLET, gruyer de NANCY, Anne Philippe CUEULLET, seigneur de Puligny, Ceintrey et Voiménont en partie, François CUEULLET, seigneur de Villey-le-Sec, et Gabriel CUEULLET, seigneur de Chanteheux, ses frères, de « la maison et enclos du dit Vivier, situé sur le ban de Maxéville, avec le gagnage et toutes dépendances », pour 18 000 francs barrois.

Antoine CUEULLET a dû racheter la part de ses frères, et on peut le supposer car il figure seul dans deux actes : des 8 mai et 4 septembre 1654, par lesquels les seigneurs de Maxéville permettent au propriétaire de la maison et enclos du Sauvoix d’édifier un pressoir « pour y presser ses vins et marcs » des vignes qu’il a au ban dudit Maxéville. Il est donc affranchi de la servitude du pressoir banal moyennant une reconnaissance de 32 francs, une auge de pierre et trois corps de fontaine, par l’un des seigneurs ; par l’autre, moyennant trois cordes de bois et un cent de fagots.

Il était de tradition que, le dernier jour des Rogations, la procession de Maxéville se rende à la « Maison du Sauvois ou du Vivier » ; là, le Curé bénissait la fontaine ; ensuite, le maître des lieux faisait largesse de pain et de vin aux gens de la procession. Antoine CUEULLET fit constater que ce n’était pas une obligation pour lui, aussi fit-il dresser un acte, le 13 mai 1665, que signèrent : le Curé, le mayeur, le maître échevin, le greffier, trois notables de Maxéville et lui-même (anciennes archives du Sauvoy).

En 1698, la chapelle construite par l’un des propriétaires du Sauvois tomba en ruine ; Marie CUEULLET sollicita de l’évêque de Toul la permission de faire ériger un autel où on dirait la messe. Cette demande accueillie le 15 janvier 1699, le Curé de Malzéville, doyen de la Chrétienté de Port [Saint-Nicolas] bénit la chapelle, y célébra la messe.

En 1727, la dite chapelle étant, une fois encore, tombée en ruines, Jean Hyacinthe CUEULLET de SAFFRAIS, propriétaire du Sauvois, Conseiller à la Cour souveraine de Lorraine et Barrois, obtint, le 4 septembre 1729, l’autorisation d’en élever une nouvelle, à condition qu’aux principales fêtes de l’année, les « laboureurs, vignerons, jardiniers, bergers, leurs femmes et leurs enfants » iraient entendre la messe à l’église paroissiale.

Jean Hyacinthe CUEULLET de SAFFRAIS était devenu, en 1724, l’unique possesseur du Sauvois ; il en avait hérité d’un quart à la mort de sa tante Marie Joseph CUEULLET ; il s’était rendu acquéreur des autres portions sur les membres de sa famille pour la somme de 20 500 livres tournois. Pour BUGNON, début du XVIIIe siècle, le Sauvois était une « maison franche » ; pour DURIVAL (en 1779 : description de la Lorraine et du Barrois), c’est une « maison de plaisance », la plus considérable de ce « canton du ban de NANCY, du côté de Maxéville ». Ce domaine comprenait alors : « une maison de maître entourée de fossés, une grande cour d’entrée avec une avenue plantée de tilleuls et charmilles, une maison de ferme, grange, écuries, bouverie, pressoir ».

Extrait du bulletin municipal n°3 août 1979


 

3 mars 2026

Au Grand Saint-Nicolas

 

Au fil d’un siècle, le café Grand-Saint-Nicolas a été le témoin des dynamiques historiques et locales de Maxéville, l’inscrivant durablement dans le paysage social et urbain de la commune. Les archives documentaires et iconographiques nous permettent aujourd’hui d’établir un historique de ce commerce et lieu de vie.  

Le plus ancien propriétaire connu est Jean-Nicolas Kimmel (1841-1891). Né à Etting, il réside toutefois au 46, Grande Rue jusqu’en 1891, comme le confirment les listes de recensement, accompagné de ses sept enfants et de son épouse Catherine Hallard, qui à la disparition de Nicolas, assure l’exploitation du café, en tant que cafetière et débitante, jusqu’au changement de propriétaire en 1897. 

Extrait de l'Est Républicain, 1er juillet 1897.

         

          Le 1er juillet 1897, un article publié dans l’Est Républicain informe ses lecteurs de l’acquisition du café-restaurant « Au Grand Saint-Nicolas » par Eugène Delignon (1872-1943). Né en 1872 à Blainville-sur-l'Eau, il épouse en décembre 1900 la maxévilloise Marie Eugénie Delaunay (1875-vers 1957). Dans le contexte d’un vif engouement pour l’aviation où cercles et sociétés d’enthousiastes se multiplient à travers la France, le café Saint-Nicolas joue un rôle de soutien local en accueillant l’association Maxéville-Aviation, comme en témoignent plusieurs cartes postales des années 1910. 

Les listes de recensements attestent par la suite de la présence de deux nouveaux « cafetier, patron » à la tête de l’établissement : Joseph Gérard (1890-1980), recensé en 1926 au 10, rue de la République, puis Lucien Leguay (1894-1969), signalé en 1936 au 35, rue de la République.

Comme on peut le lire sur la façade l'établissement est aussi hôtel. 

Façade du café-restaurant, 35 Rue de la République ©AMM
Photographie de Georges Benkemoun, ©AMM

Il faut attendre 1944 pour que le café soit repris par Georges Benkemoun (1918-1944). Connu pour être débitant, résistant FFI, il abrite dans ses caves les habitants du voisinage pendant les bombardements de la Libération. Il sauve ainsi la petite fille d’Adrienne Jambon. Blessé par les Allemands dans une rue de Maxéville, il décède à l’hôpital quelques jours plus tard.   

 

La concession au cimetière est ouverte par Madeleine Hoteplin (1909-1986) qui apparaît ensuite à la tête de l’établissement du Grand Saint-Nicolas dans le recensement de 1946.

 

          À cet instant et jusqu’à sa fermeture, le café reprend son rôle d’hôte pour divers évènements : réunions d’anciens combattants et de prisonniers de guerre, repas de communions, et de mariages (le dernier étant celui de la sœur de Denise Perrin en 1952).  

 

       

          À la suite de la construction du viaduc de l'autoroute et la démolition de nombreuses habitations, la numérotation de la rue est révisée, situant le café au 15, rue de la République.

Extrait de l'Est Républicain, 21 avril 2005.

 

Avant

Après

  L’établissement est finalement vendu à l’institution J.-B. Thiery et démoli en 2000. Un nouvel immeuble est construit sur l’ancien café et le jardin attenant est transformé en parking.

 

 

 

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