Excellente vidéo créée par le Traminot Nancéien avec qui nous avons eu grand plaisir de
partager nos archives
Pour continuer dans la démarche voici une carte de situation des vestiges du transporteur en se reportant à la légende et aux points indiqués (certains terrains sont privés).
Camille Naumann est un graveur et dessinateur publicitaire né en 1897 à Maxéville. À 14 ans, à peine l'école quittée, il entre en apprentissage dans une imprimerie avant que l'irruption de la Première Guerre mondiale ne vienne bouleverser son parcours. Il est alors contraint à s’engager et participe à la bataille de Verdun.
À la fin du conflit, il travaille à l’imprimerie Humblot mais aspire très vite à devenir travailleur indépendant. En 1927, il se marie et s'installe avec sa famille au 16, avenue Patton (ancienne avenue Gentilly), où il travaille pour toutes les imprimeries et quelques photographes de Nancy. C’est dans ce contexte qu’il produit des publicités à destination de commerces maxévillois.
En 1968, la construction de l’A31 frappe sa maison d’alignement et l’oblige à partir et s’installer à Bouxières-aux-Dames. Finalement la maison sera épargnée.
Investi dans la vie culturelle et religieuse de la commune, il dessine les décors du théâtre Gentilly; il chante également à l’église. Il participe, entre autres, à la fabrication des arches pour la procession de Notre-Dame-de-Bonsecours qui eut lieu le 14 mai 1944.
Sous l’Occupation, son savoir-faire prend une dimension sociale et engagée. De connivence avec la Résistance et mademoiselle Érard, secrétaire de mairie, il produit des faux papiers et tickets d’alimentation.
À la sortie de la guerre, il devient conseiller municipal auprès du maire Paul PIERRE, chargé du Comité des fêtes; ainsi en 1947 il s'occupe de la première édition de la Foire aux Fraises de Maxéville.
Extrait d'un article de l'Est Républicain, 17 juin 1947.
Il décède en 1974 et laisse derrière lui de nombreuses illustrations qui ont su donner une identité visuelle forte aux institutions commerciales, sociales, religieuses et culturelles de sa ville. Son travail, à la fois artistique et engagé, a contribué à renforcer la visibilité et l'attractivité de sa ville natale et de sa région.
Au fil d’un siècle, le café Grand-Saint-Nicolas a été le témoin des dynamiques historiques et locales de Maxéville, l’inscrivant durablement dans le paysage social et urbain de la commune. Les archives documentaires et iconographiques nous permettent aujourd’hui d’établir un historique de ce commerce et lieu de vie.
Le plus ancien propriétaire connu est Jean-Nicolas Kimmel (1841-1891). Né à Etting, il réside toutefois au 46, Grande Rue jusqu’en 1891, comme le confirment les listes de recensement, accompagné de ses sept enfants et de son épouse Catherine Hallard, qui à la disparition de Nicolas, assure l’exploitation du café, en tant que cafetière et débitante, jusqu’au changement de propriétaire en 1897.
Extrait de l'Est Républicain, 1er juillet 1897.
Le 1er juillet 1897, un article publié dans l’Est Républicain informe ses lecteurs de l’acquisition du café-restaurant « Au Grand Saint-Nicolas » par Eugène Delignon (1872-1943). Né en 1872 à Blainville-sur-l'Eau, il épouse en décembre 1900 la maxévilloise Marie Eugénie Delaunay (1875-vers 1957). Dans le contexte d’un vif engouement pour l’aviation où cercles et sociétés d’enthousiastes se multiplient à travers la France, le café Saint-Nicolas joue un rôle de soutien local en accueillant l’association Maxéville-Aviation, comme en témoignent plusieurs cartes postales des années 1910.
Les listes de recensements attestent par la suite de la présence de deux nouveaux « cafetier, patron » à la tête de l’établissement : Joseph Gérard (1890-1980), recensé en 1926 au 10, rue de la République, puis Lucien Leguay (1894-1969), signalé en 1936 au 35, rue de la République.
Comme on peut le lire sur la façade l'établissement est aussi hôtel.
Il faut attendre 1944 pour que le café soit repris par Georges Benkemoun (1918-1944). Connu pour être débitant, résistant FFI, il abrite dans ses caves les habitants du voisinage pendant les bombardements de la Libération. Il sauve ainsi la petite fille d’Adrienne Jambon. Blessé par les Allemands dans une rue de Maxéville, il décède à l’hôpital quelques jours plus tard.
La concession au cimetière est ouverte par Madeleine Hoteplin (1909-1986)qui apparaît ensuite à la tête de l’établissement du Grand Saint-Nicolas dans le recensement de 1946.
À cet instant et jusqu’à sa fermeture, le café reprend son rôle d’hôte pour divers évènements : réunions d’anciens combattants et de prisonniers de guerre, repas de communions, et de mariages (le dernier étant celui de la sœur de Denise Perrin en 1952).
À la suite de la construction du viaduc de l'autoroute et la démolition de nombreuses habitations, la numérotation de la rue est révisée, situant le café au 15, rue de la République.
Extrait de l'Est Républicain, 21 avril 2005.
L’établissement est finalement vendu à l’institution J.-B. Thiery et démoli en 2000. Un nouvel immeuble est construit sur l’ancien café et le jardin attenant est transformé en parking.
Né le 7 mars 1875 au château du Grand-Sauvoy, Thierry de Martel appartient à une lignée prestigieuse : il est un descendant de Mirabeau, le célèbre député du Tiers État. Bien que son nom soit aujourd’hui largement méconnu des habitants de Maxéville, les traces de son passage subsistent encore, notamment sur le fronton du Grand-Sauvoy, où figurent les armoiries de sa famille.
Thierry de Martel passe son enfance à Nancy, auprès de sa mère, Sibylle de Riquetti de Mirabeau (1849-1932), arrière-petite-nièce de Mirabeau. Celle-ci, plus connue sous le nom de plume Gyp, est une écrivaine aussi prolifique que controversée.
GYP par Nadar en 1880
Thierry de Martel vers 1920
Sportif accompli, Thierry de Martel est d’abord champion de France de rugby en 1896. Mais c’est surtout dans le domaine médical qu’il laissera une empreinte durable. Pionnier de la discipline, il est considéré comme l’un des fondateurs de l’école française de neurochirurgie. Chef de clinique à la Salpêtrière, il prend ensuite la direction de l’Hôpital américain de Paris, où il contribue à poser les bases de la neurochirurgie moderne en France.
Le destin de Thierry de Martel s’achève tragiquement : le 14 juin 1940, à l’entrée des troupes allemandes dans Paris, il choisit de mettre fin à ses jours. Il repose aujourd’hui auprès de sa mère au cimetière de Neuilly-sur-Seine